Préserver la mémoire, valoriser l'héritage, défendre l'identité du quartier — au cœur de la mission du CIL depuis sa création.
De l'ancien port industriel de la Saône aux voûtes centenaires de la gare Perrache, du tunnel secret des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph aux platanes bicentenaires du cours Charlemagne — le sud de la Presqu'île est un territoire exceptionnel dont la mémoire se lit à chaque coin de rue.
Le CIL Sud Presqu'île – Confluence s'est engagé concrètement pour révéler, défendre et transmettre ce patrimoine. Voici les actions menées.
Fermées en 2009 après des décennies de surpopulation carcérale, les anciennes prisons Saint-Paul et Saint-Joseph de Perrache abritaient un trésor insoupçonné : dans leur tunnel souterrain, 60 mètres de fresques peintes en 1989 par le précurseur du street-art français Didier Chamizo et ses codétenus lors d'un chantier d'insertion.
Ces œuvres témoignent de leur époque — la guerre au Liban, le massacre de Tiananmen, les conditions de détention — et constituent un document historique exceptionnel. Une galerie secrète, à la fois carcérale et artistique, à quelques mètres du cours Charlemagne.
Le CIL a pris l'initiative de nettoyer le tunnel, faire installer un éclairage, former des guides bénévoles et ouvrir le site au public chaque année pour les Journées Européennes du Patrimoine. Plus de 3 000 personnes ont pu découvrir ces fresques grâce à cette action.
Une demande de classement aux Monuments Historiques est actuellement en cours auprès du Ministère de la Culture.
Depuis sa création, le quartier situé « derrière les voûtes » de la gare Perrache souffrait d'un enclavement historique. L'ancien tunnel routier des années 1970 — sombre, malodorant, perçu comme dangereux — coupait littéralement le cours Charlemagne de la place Carnot et du reste de la Presqu'île.
Le CIL a porté depuis des années la demande de transformation de ce passage inhospitalier en un espace accueillant pour les piétons et les cyclistes, participant activement aux concertations du grand projet « Ouvrons Perrache ».
Le résultat : la voûte ouest a été entièrement réhabilitée, éclairée et végétalisée pour devenir le passage France Pejot — du nom de la résistante lyonnaise. Inauguré le 12 juillet 2021, il offre désormais un passage sécurisé, direct et agréable entre la place Carnot et le cours Charlemagne. Un lien de 300 mètres, mais soixante ans d'attente.
« Ce passage change déjà la vie des habitants, en réunissant les deux parties de la presqu'île que l'Histoire avait séparé. »
Installée en mai 2010 à l'entrée de la darse de la place nautique de Confluence, la passerelle levante permettait aux piétons, cyclistes et personnes à mobilité réduite de longer la Saône sans détour. Lorsqu'un bateau arrivait — comme le célèbre Vaporetto de Confluence — la passerelle s'ouvrait dans un mouvement élégant, laissant passer l'embarcation.
Deux ans seulement après son inauguration, en mai 2012, la passerelle est déposée en urgence après s'être bloquée en position intermédiaire. Les vérins, sous-dimensionnés par rapport aux besoins réels de levage, sont déclarés défectueux. L'ouvrage dort alors plus de dix ans dans un entrepôt de la Métropole.
Son absence est particulièrement préjudiciable aux personnes à mobilité réduite et aux cyclistes, contraints à un détour d'environ un kilomètre pour contourner la darse. Le CIL a suivi et relayé ce dossier auprès de la Métropole. En mars 2023, un budget de 800 000 € a été voté pour la réinstaller avec de nouveaux vérins, pour une réouverture prévue en 2024.
Les platanes du cours Charlemagne constituent un patrimoine végétal d'exception. Décidée par la municipalité de Lyon dès 1850, leur plantation a façonné l'identité du boulevard central du quartier depuis plus de 170 ans. Leurs troncs noueux et leurs frondaisons généreuses témoignent de l'histoire de la Presqu'île.
Dans le cadre du projet TEOL (Tramway Express de l'Ouest Lyonnais), le CIL a fermement combattu le tracé cours Suchet, qui aurait directement menacé ces arbres centenaires. Un virage à 90° incompatible au carrefour Charlemagne-Suchet aurait nécessité des travaux de terrassement impactant les zones racinaires, mettant en péril la survie de plusieurs arbres remarquables.
Le tracé Montrochet défendu par le CIL — et finalement retenu par le Sytral en mai 2024 — préserve intégralement le cours Charlemagne et ses platanes, tout en créant un pont mieux situé sur la Saône.
Au-delà de ses actions directes, le CIL veille sur l'ensemble du patrimoine architectural, industriel et mémoriel du quartier — témoins d'une histoire riche que la transformation urbaine ne doit pas effacer.
Construite de 1855 à 1857 par l'architecte François-Alexis Cendrier, cette gare monumentale marque l'histoire industrielle et ferroviaire du quartier. Sa halle en charpente métallique est un joyau architectural que le projet « Ouvrons Perrache » cherche à mettre en valeur.
Construite par l'architecte lyonnais Clair Tisseur et inaugurée en 1869, cette église néogothique est le cœur spirituel du quartier Sainte-Blandine. Elle accueille la communauté depuis plus de 150 ans et donne son nom au quartier historique ouvrier qui l'entoure.
Actif de 1926 à 1991, l'ancien port industriel de Lyon sur la Saône a été réhabilité en conservant ses entrepôts emblématiques : la Sucrière, le Pavillon des Douanes, la Capitainerie, les Salins. Les grues sur portiques restent les sentinelles muettes de cette mémoire ouvrière.
Remarquable exemple de décoration Art Nouveau du début du XXe siècle, situé au 12 cours Verdun Perrache. Ses ornements floraux, ses ferronneries et sa façade témoignent du faste architectural d'une époque où la gare de Perrache était la porte d'entrée de Lyon.
Construite dans les années 1930 pour accueillir les familles ouvrières du port et des ateliers ferroviaires (275 appartements quai Perrache), cette cité d'habitations à bon marché témoigne du tissu social populaire du quartier. Actuellement en cours de rénovation énergétique par Grand Lyon Habitat.
Fermées en 2009, ces prisons historiques classées Monuments Historiques pour certains éléments ont été reconverties en campus de l'Université Catholique de Lyon. C'est dans leur tunnel que se trouvent les fresques Chamizo — cœur de l'action patrimoniale du CIL.
« Préserver la mémoire d'un quartier, c'est lui garantir une âme. C'est ce que le CIL défend, pierre après pierre, arbre après arbre, fresque après fresque. »
Journées du Patrimoine — Sept. 2026 Retour au site